Hybridation exacerbée de corps, de couleurs et de formes, les photomontages d'Annie Baillargeon élaborent des images d'une beauté et d'une richesse visuelle époustouflantes. Dans ses photos, le corps performant est utilisé comme matériau pour créer des arabesques ou saynètes ambivalentes. L'énigme, le mystère, le beau, le tragique et l'horreur se côtoient et s'allient dans ces allégories sur la condition humaine. La dématérialisation de l'espace vient également ajouter à l'étrangeté de ses représentations. En effet, les corps semblent suspendus dans un monde sans profondeur ni pesanteur et les repères spatiaux et temporels sont absents de ses images. Dans ce nouveau corpus, cependant, Baillargeon explore de nouvelles formes de spatialité, notamment par l'utilisation d'éléments de fond. Dans ces images, les éléments naturels – eau, feu, sable, branches
d'arbre – envahissent l'espace photographique et s'amalgament aux corps pour générer textures, profondeurs et référents spatiaux. Loin de nous rapprocher du réel, ces éléments nous transportent dans des mondes imaginaires et hybrides.
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